http://www.shujunsha.co.jp/journal/saibo/s2004_11/s2004_11.pdf ≪References≫ 【octobre 2004】 (le 15 ) Des scientifiques de Harvard demandent à cloner des embryons humains (le 13 ) Les cellules souches, nouvelle dispute entre conservateurs et libéraux (le 11 ) L'acteur américain Christopher Reeve est mort (le 04 ) Bush et Kerry divergent sur les impôts et la science 【septembre 2004】 (le 16 ) De l'espace aux cellules souches : Bush et Kerry au microscope La recherche selon Bush et Kerry (La revue britannique Nature) 【août 2004】 (le 12) La Grande-Bretagne autorise le clonage d'embryons humains 【février 2004】 (le 12) Des biologistes coréens ont créé des embryons humains par clonage et obtenu des cellules-souches
【Les deux candidats à l'élection présidentielle du 2 novembre, M. Bush et M. Kerry, sont en désaccord à propos de la recherche sur les cellules embryonnaires humaines.】
M. Bush et M.Kerry, qui ont participé à leur troisième débat télévisé, mercredi 13 octobre, sont en désaccord à propos de la recherche sur les cellules embryonnaires humaines. Celle-ci a été encadrée strictement par George Bush, alors que John Kerry, candidat démocrate à l'élection présidentielle, propose de la libéraliser s’il est élu.
【La production des cellules-souches】 Quelques jours après la fécondation, un embryon se compose de plusieurs centaines de cellules non spécialisées pouvant être utilisées pour produire des cellules souches embryonnaires. Présentes au premier stade du développement embryonnaire (les embryons surnuméraires issus de laide à la procréation représentent un réservoir important), ces cellules dites totipotentes sont à l'origine des quelque 260 lignées cellulaires de l'organisme. Elles peuvent évoluer en différents types de cellules (cardiaques, pancréatiques, nerveuses...) à partir desquelles on peut mettre au point de nouveaux traitements.
Si l’embryon était implanté dans l’utérus, la conception serait possible. Mais pour fabriquer des cellules-souches, il faut détruire l’embryon. Ceci pose un problème éthique. Les chercheurs espèrent parvenir à orienter leur transformation en laboratoire pour traiter des maladies comme le diabète, la maladie de Parkinson ou les affections cardiovasculaires. La mort de l'acteur Christopher Reeve (dimanche 10 octobre, 3jours avant le débat), paralysé par une fracture des vertèbres cervicales à la suite d'une chute de cheval en 1995, a donné un arrière-plan émouvant au débat télévisé Bush-Kerry.
【Quelques repères chronologiques】 En juin, 48 prix Nobel (de physique, chimie et médecine depuis 1967) ont apporté leur soutien à John Kerry, le candidat démocrate. Et n'ont pas caché leur inquiétude et leur colère contre George Bush. Principal reproche au président républicain: la restriction des recherches utilisant des cellules souches embryonnaires. John Kerry a promis qu'il lèverait l'interdiction et qu'il replacerait le pays "à la pointe de la découverte scientifique".
En septembre, La revue britannique Nature a interrogé les deux candidats sur leur future politique scientifique.
Kerry "Je lèverai les restrictions imposées par l'administration Bush en annulant l'interdiction d'utiliser des fonds fédéraux pour la recherche surdes nouvelles lignes de cellules souches."
Bush : "Je me suis engagé à poursuivre les recherches sur les cellules souches sans transgresser une ligne éthique fondamentale", c'est-à-dire en autorisant uniquement les travaux sur les lignées de cellules existantes, cultivées à partir d'embryons déjà détruits. c'est une décision équilibrée, rendant possible un financement qui n'existait pas jusqu'alors, mais interdisant de nouvelles destructions d'embryons. Pour ses adversaires, c'est une mesure hypocrite, parce que les lignées existantes sont inutilisables et que les crédits attribués à ces travaux sont insuffisants. Cette question «est l'une des plus importantes de l'élection », a déclaré John Kerry, en regrettant que M. Bush en ait interdit, en août 2001, le financement public. Il ajoute : «Le président a fait le mauvais choix de sacrifier la science au nom de l'idéologie de l'extrême-droite », faisant référence aux pressions de groupes religieux à l'origine de l'interdiction
La droite religieuse soutient la position de M. Bush, mais celle-ci ne fait pas l'unanimité chez les républicain. L'alternative entre la destruction d'embryons surnuméraires et la perspective de pouvoir traiter des personnes atteintes de maladies dégénératives fait hésiter beaucoup de gens. Peut-on détruire une vie potentielle pour aider ou sauver une vie réelle ?
Les scientifiques américains, qui critiquent ces règles, estiment qu'elles leur font perdre du temps dans la compétition internationale. Ils rejettent l'argument selon lequel la recherche privée est libre, car, disent-ils, au stade actuel des connaissances, le financement public est le seul possible.
En août, La Grande-Bretagne a délivré son premier permis de clonage thérapeutique d'embryons humains, plus de trois ans après avoir été le premier pays à autoriser cette technique de production de cellules souches pour la recherche médicale. Ces cellules sont cultivées en laboratoire et si tout se passe bien, ce processus aboutit à la création, quelques jours plus tard, d'un embryon génétiquement identique à celui du donneur, pouvant éviter la réaction de rejet immunologique en cas de transplantation de greffes. La loi de 2001 oblige les chercheurs à détruire les embryons vieux de 14 jours afin d'éviter toute tentative aboutissant au clonage d'êtres humains, une pratique interdite.
Après le Royaume-Uni, le Corée du Sud a autorisé le clonage thérapeutique en décembre 2003. En février dernier, des scientifiques de la péninsule affirmaient être les premiers au monde à avoir réussi à cloner un embryon humain pour la recherche sur les cellules souches. Seule une équipe de scientifiques sud-coréens a, jusqu'à présent, réussi à effectuer un clonage thérapeutique avec des cellules humaines.
Des chercheurs de Harvard ont demandé (le 15 octobre 2004, 2 jours après le débat) le feu vert des autorités éthiques de cette université pour cloner des embryons humains à des fins thérapeutiques. "Nous ne voulons pas voir les Etats-Unis se faire distancer dans ce domaine", a insisté le directeur du Harvard Stem Institute, créé en avril dernier. La démarche des chercheurs de Harvard, dont les recherches sont financées par des fonds privés, illustre la frustration grandissante de la communauté scientifique face aux fortes restrictions imposées par le président George W. Bush.
Le resultat de l'élection présidentielle du 2 novembre donnera un grand effet sur les recherches scientifiques aux Etats-unis. Les problèmes entre l’éthique et la science resteront.